jeudi 6 juin 2013

Dispense de consanguinité, avoir le droit de se marier

La dispense de consanguinité, qu'est-ce que c'est ?

L'Eglise était jadis plus stricte qu'aujourd'hui : ainsi, on ne pouvait théoriquement pas se marier entre cousins (quatrième degré canonique), entre parents par alliance ou  bien entre affins (parenté spirituelle, par exemple une filleule et son parrain).

La dispense de consanguinité est l'accord donné pour un mariage qui correspond à l'un des cas expliqué ci-dessus. Elle était accordée soit par un évêque ou bien par le pape lui-même pour les dispenses du deuxième degré. Moyennant finance tout de même...

Un dossier de dispense complet comporte :
- la « supplique » ou la demande du curé des futurs époux. En plus d'informations sur les époux, il comprend le degré d'empêchement ainsi qu'un tableau de cousinage menant à l'ancêtre commun : la généalogie avant l'heure ;
- l'enquête comporte les témoignages des futurs époux, de deux témoins de la famille et de deux
témoins pris en dehors de la famille ;
- l’accord de l’évêque.

Un petit rappel des degrés de consanguinité en droit canonique

Des exemples dans mon arbre

 Une bonne partie de mes ancêtres provenant du même secteur, un mariage entre cousins pouvait se produire assez régulièrement. Un généalogiste amateur, Patrice Bizet, a réalisé un travail colossal en dépouillant les archives de consanguinité de Sury-en-Vaux et Verdigny entre 1649 et 1792. Cela m'a parfois permis de débloquer certaines situations.

La dispense la plus ancienne concerne le couple Annet DEZAT et Jehanne PREDON, mes sosa 2048 et 2049.
Ils ont obtenus une dispense de l'empêchement du trois au quatrième degré de consanguinité le 6 mai 1649. Ils ont obtenu une bulle de dispense de consanguinité du pape Innocent X le 9 février 1648.

L'enquête a été réalisée le 30 mars 1649 par François POIRIER, curé de Sury-en-Vaux.

Les témoins étaient Simon GRANGIER, vigneron, Antoine CHERRIER, vigneron et François GIRARD laboureur, tous les trois résidant à Sury-en-Vaux.



Une autre dispense en date du 2 janvier 1693  concerne  le couple Louis REVERDY et Anne NEPVEU mes sosa 1122 et 1123.
Ce qui est intéressant, c'est que l'on peut en savoir un peu plus sur ces ancêtres, à une époque où l'on retrouve peu d’informations dans les registres paroissiaux. Ainsi on apprend que ce sont de pauvres habitants de la paroisse de Sury-en-Vaux. Pourtant le père de la mariée était notaire et procureur lors de son décès...
Dans un prochain article je vous présenterai  le cas de Perrette BEAUVOIS, mariée deux fois avec deux dispenses bien différente.

Et vous, avez-vous déjà rencontré ces dispenses pour vos ancêtres ?

11 commentaires:

  1. C'est précieux d'avoir accès à toutes ces dispenses, cela permet souvent de remonter une lignée un peu compliquée

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    1. Et c'est très utile quand les registres paroissiaux viennent à manquer !

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  2. Merci pour ce bon article ! Et pour avoir trouvé un bon sujet ! J'avais déjà entendu parlé de ces dispenses mais je n'en connaissais pas les rouages !
    Merci !

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    1. Ça vaut le coup de s'y pencher. Quand même avoir une "bulle" du pape de l'époque, c'est la classe ;-)

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  3. Merci pour cet article qui me fait penser que l'on n'utilise pas assez la diversité des archives qui sont à notre disposition!
    J'ai quelques exemples de dispenses de consanguinité parmi les aïeux. Quelques fois, je suppose que le mariage entre ces cousins étaient plus un mariage de raison, qui devait permettre de conserver des biens au sein de la même famille..
    A bientôt

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    1. Il faut aussi voir que cela concernait aussi des cousins assez éloignés. Alors dans les petits villages où nos ancêtres ne bougeaient pas beaucoup, cela pouvait être assez fréquent. Mais il y a aussi une question d'argent bien entendu.

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  4. Merci pour cet article très intéressant.
    Où peut on trouver ces dispenses ? Il me semble en avoir vu sur un acte de mariage de ma généalogie mais ce n'était pas la dispense, juste sa mention.

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    1. Elles se trouvent le plus souvent en série G au niveau des archives. Malheureusement il y a eut des pertes ou des dispenses non transmises : parfois restées au Vatican, ou bien aux archives diocésaines.

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  5. Au Quebec, patrie de mes ancêtres, les mêmes règles s'appliquaient à l'époque, quoique qu'avec moins de sévérité (enfin, Rome était loin). Ainsi mes grand parents étaients cousins au premier degré, ils ont obtenu dispense et se sont mariés. J'ai même un grand-oncle qui a marié sa nièce, avec la bénédiction de Rome. Comme quoi....

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    1. Je pense qu'en y mettant le prix, on pouvait à peu près tout faire ...

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  6. Merci Elodie pour cet article.
    Nous avons chez nos ancêtres des cas similaires. (voir mon article : Ils se marièrent deux fois....) néanmoins je n'ai pas trouvé les dispenses écrites.
    Amicalement

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